Comprendre la prostatectomie radicale
Résultats sur la continence
Résultats sur la sexualité
Résultats sur le cancer de la prostate
DE L'OPÉRATION :
TÉMOIGNAGE DE FRANçOIS D
Témoignage, opération du cancer de la prostate le 17/12/2008
Ce cancer de la prostate a été découvert presque par hasard lors d'une prise de sang banale mais dont le taux de PSA était demandé - pour la première fois - par mon médecin traitant. Se sont enchaînées alors échographie, biopsie (douloureuse), IRM et scintigraphie, ces deux derniers examens étant plus tard considérés comme inutiles.
Le résultat était sans appel : prostate de 80 g (au lieu de 20g), taux de PSA à 9,1 mais augmentant régulièrement. L'urologue consulté - peu communiquant, peu aimable - envisageait l'ablation de la prostate mais me laissait quelques mois pour réfléchir.
Lors de notre entretien post-analyses, puisqu'il n'abordait pas le sujet, je lui ai clairement posé le problème des conséquences de l'opération sur l'incontinence et l'impuissance. Sa réponse fut rapide et sans ménagement :
" Monsieur, lorsque vous traversez un passage pour piétons, vous avez 50% de chances de vous faire écraser par un camion ". J'avoue avoir été vexé de son mépris et de son insolente " pédagogie ".
Une réflexion sur ma vie, entre abattement et rebond, a duré 2 mois avant d'accepter de me faire soigner. A ce moment là, je me suis renseigné pour trouver des centres de traitement en pointe dans ce combat. C'est le père d'une de mes connaissances, médecin lui-même, qui après quelques recherches, plus aisées pour lui, m'a indiqué entre autres : Nantes - Christian Barré, clinique J. Verne.
J'ai été reçu en consultation par le docteur Barré ; son diagnostic - ablation radicale de la prostate - était net mais accompagné d'explications claires sur les risques (et sur ses résultats obtenus), mais aussi sur un acte chirurgical qui serait à la mesure de l'état d'avancée de ce cancer ; c'est ce qui conditionnerait, sans prendre aucun risque, de conserver ou non les bandes nerveuses. La date de l'opération a été fixée ce jour là, juste avant de rencontrer le kinésithérapeute de la clinique pour des recommandations précises d'exercices musculaires du sphincter à effectuer.
Mon séjour à la clinique a été très tranquille accompagné d'un grand professionnalisme de tous. Ma sortie a été retardée de 48 h, le temps nécessaire pour ma vessie de fonctionner à nouveau normalement.
Quel quotidien après cette opération ?
Si j'avoue avoir porté des protections durant une semaine, je me dois de signaler que c'est plus par précaution que par utilité, car même après le retrait de la sonde, je n'ai pas été incontinent. Certes, je sentais les effets d'une fatigue physique mais je m'en suis tenu strictement aux conseils donnés par Bernard, le kinésithérapeute. A ce jour, je ne suis pas incontinent, faisant simplement,quand le besoin s'en fait sentir, et c'est rare, les exercices appris.
Sur le plan sexuel, à l'évidence les choses sont différentes par rapport à la situation antérieure à l'opération qui a permis la conservation ses bandes nerveuses de chaque côté. Mes érections sont plus lentes et sont moins longues dans la durée si l'excitation sexuelle n'est pas soutenue : c'est bien là l'essentiel, car ce qui était facile ou sans effort particulier, mérite maintenant - j'ai bien écrit mérite - un désir de qualité. Ces érections sont sans doute moins régulièrement rigides - le taux de rigidité est tout de même confortable et parfois même très confortable - mais cela dépend, une nouvelle fois, de la qualité de la relation sexuelle. Mes relations, je dirais mes envies sexuelles ont repris avec autant d'appétit qu'avant et cela malgré une situation personnelle actuellement inconfortable. Je crois - je suis certain - qu'il faut aimer la relation charnelle, aimer le corps, chercher le plaisir de l'autre et le sien dans une relation d'union et d'amour SANS AUCUN TABOU : le sexe c'est la vie et c'est bon ! C'est sans doute à ce niveau que la découverte de ce cancer a été la plus difficile pour moi. Aujourd'hui,l'érection dépend du niveau de l'excitation sexuelle et les moyens pour arriver à l'orgasme doivent être cultivés. Il va de soi que les médicaments prescris favorisent les érections, mais elles peuvent être aussi nettes sans eux au lever, lors de rêves érotiques, de lectures, etc.
Je peux donc dire que ma pratique sexuelle a repris sa place normale dans ce qui fait ma vie.
Je ne terminerai pas ce récit sans penser à ceux qui se contenterons d'un discours fait de certitudes assénées, à ceux qui n'auront pas le courage ou plus simplement l'idée de se renseigner pour ne pas accepter comme une fatalité cette opération au robot castrateur de certains chirurgiens, au profit d'une chirurgie qui cherche à préserver ce qui peut l'être pour l'équilibre de l'homme.
- Mode opératoire : ciel ouvert
- Chirurgien : Christian Barré, Nantes
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